Effets du gel dans l’agriculture : accentuation inévitable à cause du changement climatique

Au début du mois d’avril 2021, nous avons assisté impuissant à plusieurs jours de fortes gelées printanières en France. Malgré l’activation du régime de calamité agricole, les acteurs du monde agricole, notamment les viticulteurs et les arboricultures, sont encore nombreux à en subir les répercussions. Et leur calvaire pourrait ne pas s’arrêter, les effets du gel s’accentuant avec le réchauffement planétaire.

Plusieurs mois de travail et d’investissement perdus

Les vidéos et autres images ont circulé sur Internet et ont été relayées par de nombreuses chaînes TV publiques et privées. De nombreux agriculteurs ont fait tout leur possible pour ne pas perdre totalement les fruits de leurs durs labeurs. Si certains se sont contentés des bonnes vieilles méthodes traditionnelles de brûlage de botte de paille et de flambage de bougies, d’autres ont déployé de gros moyens comme l’installation d’éoliennes et le survol en hélicoptère de leur vignoble. On a assisté à presque les mêmes scènes dans de nombreuses régions du pays.

Les viticulteurs en étaient les premières victimes, mais ils n’étaient pas les seuls qui en subissent de plein fouet les conséquences de ce caprice climatique. Plusieurs champs de betteraves et de colza ont été également atteints. Au moment de faire le bilan dans la foulée de ces évènements, la confédération paysanne de la Drôme et de l’Ardèche ont aussi fait état de répercussions dans l’arboriculture, avec notamment des baisses de production en perspective des fruits suivants:

  • Kiwis
  • Abricots
  • Cerises

Un régime de calamités agricoles qui ne convient pas aux petits exploitants

Pour aider les agriculteurs à faire face aux conséquences du gel, le gouvernement a décidé, dans la foulée de cet évènement, d’activer le régime de calamité agricole. Force est cependant de reconnaître que les principaux concernés sont nombreux à ne pas pouvoir en profiter. Cela est dû à la rudesse des conditions nécessaires pour en bénéficier, des conditions qui laissent généralement sur la touche une bonne partie des petits exploitants. Et pour les agriculteurs qui peuvent en profiter, la durée moyenne d’attente pour obtenir cette indemnisation est de 9 mois.

Il est par ailleurs à souligner que les viticulteurs sont totalement exclus de ce dispositif. Pourtant, la majeure partie des exploitations viticoles dans le pays ne sont même pas assurées. Beaucoup risquent ainsi de disparaître.

Vers un effet plus dévastateur à cause du réchauffement climatique

Le gel printanier de 2021 est le 4e en 5 ans qui a touché le sol français. Cela permet de dire que les agriculteurs devront faire face chaque année à de tels évènements. La Confédération paysanne est de cet avis et propose ainsi, pour éviter les effets dévastateurs sur le secteur agricole, la mise en place d’un fonds solidaire pour réparer les dégâts de tout caprice climatique du genre.

Cela est raisonnable sachant que les ravages du gel devront encore être plus importants à cause du réchauffement climatique. Mais comment peut-on expliquer cela ? L’éclosion des bourgeons a lieu de plus en plus rapidement aujourd’hui, car on connaît de plus en plus des hivers plus doux. Cela les expose encore plus aux ravages des gelées tardives.