Pâturage tournant : est-ce vraiment intéressant ?

Dans son article « The Tragedy of The Commons » de 13 décembre 1968, le Biologiste Garrett Hardin a pointé du doigt notre incapacité à gérer nos prairies et autres ressources communes. Depuis ce temps-là heureusement, nous avons amélioré notre relation avec nos prairies ou plutôt celle de nos animaux avec elles. Parmi les techniques qui ont fait leurs preuves aujourd’hui se trouve le pâturage tournant, qui a l’avantage de minimiser le gaspillage et de favoriser les bonnes repousses et la génération de valeur nutritive. Les informations suivantes vous permettront de juger de sa pertinence.

Définition et principe du pâturage tournant

Pour gérer le pâturage et l’alimentation de votre bétail, vous aurez le choix entre un certain nombre de techniques. Celles-ci peuvent tout de même être subdivisées être deux catégories : le pâturage continu et le pâturage tournant. C’est cette deuxième catégorie qui nous intéresse le plus ici. Il s’agit de sectionner les prairies en de différentes parcelles de dimensions plus réduites et d’établir un tour entre chaque parcelle.

Ce concept est ainsi basé en premier sur le respect d’un temps de repos suffisant pour le bon renouvellement des végétaux entre deux pâturages. Reconnaissons qu’en été, les plantes se régénèrent moins rapidement qu’au printemps. Cette saison nécessite ainsi un temps de repos plus long. La réduction du temps de pâturage et du nombre d’animaux par unité de surface constitue le deuxième fondement de cette pratique. La repousse de l’herbe est en effet plus difficile si les animaux sont plus nombreux sur une surface et y restent trop longtemps.

Les plus du pâturage tournant

Si le pâturage tournant compte actuellement de plus en plus adepte parmi les éleveurs, ce qu’il ne manque pas d’avantages :

  • Vous n’aurez besoin que de très peu de main d’œuvre. Vous en aurez en effet seulement besoin pour déplacer votre bétail après que les parcelles soient clôturées. 
  • Il n’y a aucun risque de sur ou de sous-pâturage. Le bétail devra en effet se trouver sur une surface plus réduite et n’hésitera pas ainsi à en exploiter toutes les ressources dont il a besoin.
  • Vous aurez une parfaite maîtrise de l’épiaison et aurez une assurance que votre bétail profite de plantes de bonne qualité, quelle que soit la saison.
  • Votre bétail n’aura accès qu’à un pâturage où la hauteur de l’arbre est parfaite, soit de 12 à 15 cm. Par la même occasion, les risques d’infestations parasitaires sont réduits, les larves de parasites se trouvant, pour la grande majorité, à la base.
  • Vous n’aurez pas à craindre un épuisement de la pâture, les plantes ayant un temps suffisant pour le rétablissement de leurs réserves.

Les différentes contraintes

Il serait malhonnête de notre part de dire qu’il n’y a aucun inconvénient au fait de recourir au pâturage tournant. Plusieurs contraintes y sont en effet attachées, à commencer par la nécessité d’une surveillance continue de la pâture. Sans cela en effet, vous ne sauriez pas si le moment est bon ou non pour changer de parcelle. Il y a également la nécessité de prévoir un budget assez conséquent pour l’investissement de départ. Ceci devrait notamment servir pour poser, entretenir, réparer et renouveler les clôtures, pour créer de nouveaux points d’eau et pour délimiter les chemins d’accès.

Le pâturage peut également compromettre la stabilité de la production de lait pour les vaches laitières, la qualité et la quantité des herbes disponibles n’étant pas toujours les mêmes entre les parcelles. La nécessité de se déplacer fréquemment peut également être à la source de stress sur le bétail.